3 mai 2009   


L'Eco-négationisme (partie 2)



II - Anti-écologie : la manipulation scientifique à la rescousse

Le rapport de la Montagne de Fer, demandé par Kennedy, devait répondre à la question suivante : « Comment trouver le moyen de maintenir l’assujettissement des peuples à leur gouvernement dans un contexte de paix perpétuelle, situation nouvelle à laquelle nous devons nous préparer pour ne pas être pris par surprise ». Ce rapport réalisé sous le mandat de son successeur,  Johnson, conduira aux conclusions suivantes, aussi embarrassantes qu’inattendues :

Rien ne peut remplacer la guerre, moteur de civilisation pour les hommes depuis les origines, qui garantit le soutien des peuples à leurs gouvernements par leur besoin de protection et la crainte d’une menace extérieure nécessitant l’effort  de tous.

Le rapport préconise soit de susciter artificiellement un ennemi – quitte à mentir et à l’inventer (voir l’Irak et l’islamisme !) – soit de stigmatiser une menace écologique, au besoin en polluant sciemment !

http://www.vexilla-regis.com/textevr/TimmermanMontagnedefer.htm

Autrement dit, il y a toute une clique de fabricants d'idéologie qui travaillent de nos jours à la formation d'un pouvoir politique mondial de plus en plus intégré, en inventant (nous dirions « en communiquant ») des problèmes globaux qui exigent la coopération de tous, d’où l'émergence d'un pouvoir politique mondial centralisé, autoritaire sous des formes « démocratiques », créateur de normes éthiques planétaires fondées sur des prétextes écologiques. Bref ! Un fascisme écologique.  (Voir Pascal Bernardin : « L'Empire écologique ou la subversion de l'écologie par le mondialisme ») Ecologie et anti-écologie sont ainsi des leviers de la nouvelle manipulation politique !

L’affaire du réchauffement climatique promu par les uns, nié par les autres, est symptomatique de cette attitude. Si elle a valu un prix Nobel à Algor, et si elle ouvre des perspectives économiques alléchantes à certains, ses conséquences peuvent amener des modifications de comportements individuels voire collectifs que tout gouvernement doit pouvoir gérer. La question de fond, qui est bien de connaître l’impact de la présence et de l’activité humaine sur le climat et ses éventuelles modifications à terme pour savoir comment les moduler passe au second plan : tout ce qui est mis en exergue, c’est la menace que cela représente pour être utilisée politiquement.

Dans ce contexte pour faire durer et étendre la menace, voire pour mieux l’exploiter à terme, comme pour affranchir les secteurs économiques en cause d’une quelconque responsabilité d’éventuels désordres environnementaux, il se trouve des officines scientifiques intervenant à la demande des gouvernements pour justifier la négation de la responsabilité humain dans la chose !

La note Beauzamy est exemplaire de la chose :
http://www.alterinfo.net/Le-rechauffement-climatique-mystifications-et-falsifications_a13066.html

Bernard Beauzamy n’est pas un scientifique, c’est un ancien polytechnicien reconverti dans l’université en mathématicien. Après avoir fait une carrière des plus honorable notamment à Lyon, il a monté à Paris un bureau de calculs, la Société de Calcul Mathématique.

Monsieur Beauzamy a ses entrées dans le monde de la Défense Nationale, pour laquelle il a effectué des modélisations : http://mathematiques.ac-bordeaux.fr/viemaths/appli/beauzamy.htm , puis il s’est lancé dans une diatribe vengeresse contre le réchauffement climatique dans une note adressée dès 2001 au Secrétariat Général de la Défense Nationale (Premier ministre), note réactualisée en février 2006.

Nous en extrayons ses conclusions qui ne manqueront pas d’éveiller l’esprit critique des lecteurs sidérés d’autant de suffisance, mais comme le disait Talleyrand : « Tout  ce qui est excessif est insignifiant. »

1) Il n'existe actuellement aucune raison de penser que le climat global de la Terre connaisse une modification quelconque. Tous les arguments présentés pour prouver ces modifications reposent sur des falsifications, des erreurs de calcul ou de modèle, des fautes de raisonnement.
[C’est sympa pour ces crétins, universitaires du monde entier, qui planchent sur la question depuis des décennies !]

2) Le climat, de tous temps et en tous lieux, a connu de fortes variations locales. Il n'existe aucune raison de penser que les variations locales actuelles sont plus importantes que par le passé. Bien plus, les données recueillies (par exemple l'élévation du niveau de la mer) montrent que le climat a été beaucoup plus sage au cours des 2 000 dernières années qu'au cours des 20 000 ans qui ont précédé. A l'inverse, les arguments prouvant par exemple une augmentation récente de la force des cyclones reposent sur des falsifications, des erreurs de calcul ou de modèle, des fautes de raisonnement.

3) Si le climat global de la Terre évolue (ce que nous n'avons actuellement aucun moyen de savoir, faute de données suffisantes), des variations d'activité solaire peuvent en être la cause. On sait que de telles variations existent, mais on ne sait pas les quantifier, ni quantifier leur influence sur le climat. A l'inverse, les arguments portant sur des variations de l'orbite terrestre reposent sur des erreurs de raisonnement.
[La « faute de raisonnement» devient l’argument incantatoire obligatoire faute de justification scientifique démontrée !]

4) L'ensemble des actions humaines entreprises pour lutter contre le "réchauffement climatique" (limitation des gaz à effet de serre, etc.) est absurde, grotesque, dépourvu de contenu scientifique comme d'efficacité : il s'agit d'une prière lancée en une langue incompréhensible à un dieu qui n'existe pas.

5) Si un réchauffement venait à s'installer en France, ce ne serait qu'un retour à une situation ancienne : par le passé, le climat français a été plus chaud qu'aujourd'hui. Il n'y aurait aucune raison de s'en plaindre, puisque nous dépensons actuellement une quantité considérable d'énergie à nous chauffer. (sic !)

Ce monsieur a-t-il la moindre idée de ce que représenterait le coût énergétique de la climatisation des bâtiments modernes, publics ou privés et des usines pour ne parler que de cela ? Pratiquement autant que le chauffage, sinon plus ! Sait-il que la physiologie humaine n’est pas adaptée à une lute durable contre la chaleur et que la climatisation nécessaire à l’activité humaine quotidienne sera au moins aussi gourmande en énergie que le chauffage, sans compter le coût d’adaptation des structures immobilières ?

Pourtant Beauzamy est apparemment consultant du gouvernement ! Rien de rassurant à penser qu’il puisse, une seconde, être pris au sérieux! Et rien ne trouve grâce à ses yeux, on peut lire en effet dans cette note: « La confection des modèles est une science en soi ; beaucoup de disciplines -notamment la physique du globe- croient à tort pouvoir s'en passer. Est-ce arrogance ou ignorance ? »

Ainsi les géophysiciens sont habillés pour l’hiver ! Rassurerez-vous, ils n’ont pas attendu Beauzamy pour faire des modèles adaptés à leurs recherches en fonction des paramètres dont ils disposent.

Il est d’ailleurs important de souligner que nombre d’outils mathématiques, ultérieurement développés par les mathématiciens, ont été créés à l’origine par des physiciens : la trigonométrie, les matrices, les vecteurs, entre autres. Sans la conception des tenseurs, la relativité ne serait pas formalisable, etc.

Reprochez à des physiciens de ne pas utiliser ces outils qu’ils ont créé est pour le moins paradoxal !

Tout ce document est de la même teneur, n’apporte aucune démonstration et procède par affirmation voire diffamation : exactement l’attitude que reprochent ces négationnistes aux tenants du réchauffement climatique.

Il serait même prêt à œuvrer pour « provoquer » le réchauffement climatique, le cher homme, il le confesse !

On note là une contradiction hurlante qui ne semble pas le gêner : comment espérer voir l’homme aggraver le réchauffement climatique quand on axe sa démonstration sur le fait qu’il n’y peut rien, et que ledit réchauffement n’existe pas ?

Et puis il a des idées particulières sur les axes de recherche à venir. On pourrait s’attendre à voir un physicien vanter les mérites de l’énergie de fusion, seule forme d’énergie nucléaire sans déchets et quasiment inépuisable, et pousser à son développement, mais pas du tout! Monsieur Beauzamy espère « la création de bactéries fabricant du pétrole d’ici vingt ans » ! Autrement dit, il « démontre » comment renforcer la position actuelle du développement durable : conserver les modes énergétiques actuels en niant leurs éventuels effets pour mieux assurer la continuité de leur emploi. C’est les pétroliers qui vont être contents ! Au fait, ce brillant stratège du crayon ne nous explique pas à partir de quoi ledit pétrole va être fabriqué, les nouvelles cultures OGM qui remplacent la forêt primaire rasée peut être ?

Si cet exemple est caricatural, il n’en est pas moins représentatif d’un déni écologique - mode actuelle chez les « scientifiques politiques » - dont les conséquences seront fatalement dramatiques si on n’y prend pas garde.

Ceux qui sont les premiers à stigmatiser le procès de Galilée au nom de la raison toute puissante face à l’obscurantisme religieux en scandant sa phrase fameuse « Et pourtant elle tourne ! » oublient de regarder simplement autour d’eux :  « Et pourtant cela fond ! » Mais l’observation contribue-t-elle à la réflexion ???

Pendant que la banquise se démantèle, que les neiges éternelles du Kilimandjaro disparaissent et que des morceaux de l’Antarctique de plusieurs dizaines de kilomètres se détachent, des scientifiques ayant l’oreille de certains  gouvernements  cherchent à démontrer pour satisfaire les tenants d’un développement débridé que ce réchauffement n’existe pas.

Pendant ce temps là, les hommes continueront à suer à l’ombre des éoliennes en fleur subissant un réchauffement qui s’il n’existe pas apporte une désertification croissante…

Pendant ce temps là, les forêts de Californie ou d’Australie continueront à brûler lors de canicules jamais observées de mémoire humaine…

Pendant ce temps là, aux Etats-Unis, on dynamite les Appalaches pour extraire le charbon en carrières à ciel ouvert, mode d’exploitation plus rentable que les mines : toute la chaîne est menacée de finir en pénéplaine !

Un développement pourtant pas très durable, mais un « impératif » paraît-il économique qui permettra d’augmenter la capacité des centrales thermiques américaines en gaz à effet de serre.
Pendant ce temps là, les financiers s’affairent : les armateurs, par exemple, qui peaufinent leurs stratégies pour créer les nouvelles routes maritimes qui réuniront, par l’océan arctique libéré des glaces, tous les pays industrialisés majoritairement concentrés autour de la calotte nord…

Ce qui laissera pratiquement  à l’abandon la desserte maritime du Tiers Monde via le canal de Panama ou celui de Suez, car jugée moins rentable…

On prépare décidément une époque formidable !                        

Claude Timmerman


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